On a installé les perches, tendu les tuyaux, ajusté les buses. Il reste les citernes, encore en transit. Reste plus qu’à prier pour un ciel dégagé.

Ils l’avaient bien compris quand ils ont choisi la Californie. Hollywood c’est 320 jours de soleil/an. Arrière-plan aride et azur. Idéal à perturber. Le ciel de Los Angeles, c’est l’ancêtre du fond vert. Une belle tempête, ça s’invente par temps clair.

On crée surtout des intempéries mécanisées. À l’occasion, quelques averses numériques. Les autres trucages, c’est alimentaire, notre vraie passion c’est les effets d’atmosphère.

Ce qui est crucial, c’est l’intensité. Ça se précipite, ça tombe en slow-motion.

Le visuel, c’est bien, mais ce qui m'intéresse le plus, c’est la sensation. La gifle d’une bourrasque, la morsure de la pluie, tout le monde connaît. En la voyant, tu peux l’imaginer. Notre averse, je veux pas simplement que tu la regarde, j’aimerais que tu la ressente.

Ils s’agrippent aux barreaux pour admirer le soleil couchant. Le spectacle est là, dehors, depuis longtemps. Ensemble, une fois sortis du noir de la salle, on regarde aussi le ciel comme un écran.